La cueillette

La cueillette des Plantes Aromatiques et Médicinales

La cueillette des « PAM » est une pratique traditionnelle ancienne des garrigues, qui s’est développée conjointement l’essor de la ville de Montpellier. Les plantes sauvages, avec en tête de liste le thym, le romarin et la lavande, étaient cueillies manuellement par les populations locales des villages, pour être ensuite transformées et portées à la ville, où s’exerçait dès le 12ème siècle un important commerce.

Le commerce florissant et la population cosmopolite de Montpellier favorisèrent très tôt le développement des sciences, avec notamment la mise au point de nouveaux procédés d’extraction (e.g. la distillation par Arnaud de Villeneuve) ouvrant la porte à l’élaboration d’une multitude de produits parfumés (eaux de senteurs, poudres parfumées, crèmes, essences, infusions, vinaigres…). C’est ainsi qu’au 13ème siècle l’eau de la Reine de Hongrie (un hydrolat de Romarin) devint un des parfums les plus renommés à travers toute l’Europe. La qualité des matières premières et des savoir-faire était telle que bon nombre de préparations de l’époque furent rebaptisées « à la mode de Montpellier », comme ce fut le cas de la célèbre Thériaque.

Au moins depuis le 12ème siècle et jusqu’au début du 20ème les garrigues fournirent ainsi des quantités importantes de plantes aux parfumeurs, apothicaires, herboristes, épiciers citadins. Puis, pour de multiples raisons (renforcement de la concurrence espagnole, la plantation de vignes, la disparition du diplôme d’herboriste en 1941, ou encore le développement de la chimie de synthèse), l’industrie des PAM connut une importante phase de récession durant la première moitié du 20ème siècle. Alors qu’en 1910 : 15 tonnes d’Huile Essentielle (HE) de lavande aspic, 10 tonnes d’HE de romarin et 10 tonnes d’HE de thym étaient produites dans les garrigues héraultaises, en 1919 la production n’était plus que de : 3-4 tonnes d’HE d’aspic et 300 kg de thym et romarin confondus. Enfin suite à l’exode rural dans les années 50, les derniers cueilleurs professionnels arrêtèrent leurs activités les uns après les autres, fait de leur âge et faute de jeunes repreneurs.